Evêque d'Auxerre, né à
Auxerre vers 380; mort à Ravenne, le
31 juillet 448. Il était le fils de
Rusticus et Germanilla, et sa
famille était une des plus noble des
Gaules dans la dernière partie du
4ième siècle. Il reçut la meilleure
des éducations donnée par les plus
distinguées des écoles d'Arles et
Lyon, et partit pour Rome, où il
étudia la rhétorique et le droit
civil. Il y pratiqua au tribunal du
préfet durant quelques années, avec
beaucoup de succès. Sa haute
naissance et ses grands talents le
mirent en contact avec la cour
impériale, et il épousa Eustachie,
une demoiselle fort estimée dans les
cercles impériaux.
L'empereur
le renvoya en Gaule, le faisant un
de ses 6 ducs, lui confiant le
gouvernement des provinces
Gauloises. Il habita à Auxerre et
s'adonna à tous les plaisirs qui
pouvaient naturellement lui échoir.
Ce qui finit par causer un grand
désaroi à l'évêque, saint Amator. Il
semblerait que Germain était
accoutumé d'accrocher les trophées
de ses chasses sur un arbre
particulier, qui auparavant avait
été l'objet d'un culte païen. Amator
tenta, en vain, de le réprimander.
Un jour que le duc était absent,
l'évêque fit couper l'arbre et
brûler les trophées. Redoutant la
colère du duc, qui voulait le tuer,
il s'enfuit et fit appel au préfet
Julius, lui demandant la permission
de conférer la tonsure à Germain.
Cela lui ayant été accordé, Amator
retourna, sentant que sa fin de vie
était proche. Quand le duc vint à
l'église, Amator fit barrer les
portes et lui donna la tonsure
contre sa volonté, lui disant qu'il
devait dorénavant vivre comme
quelqu'un destiné à lui succéder, et
en faisant un diacre.
Un
changement merveilleux se produisit
instantanément en Germain, et il
accepta dès lors tout ce qui était
arrivé comme la Volonté Divine. Il
s'adonna à la prière, l'étude, les
oeuvres de charité, et quand peu
après Amator mourut, Germain fut
unanimement choisit pour occuper le
siège vacant, étant sacré le 7
juillet 418. Sa magnifique éducation
lui servit dès lors pour la bonne
gouvernance de son diocèse, qu'il
administra avec grande sagacité. Il
distribua ses biens parmi les
pauvres, et vécut fort austèrement.
Il bâtit un grand monastère, dédié
aux saints Côme et Damien, sur les
bords de l'Yonne, où il prit
l'habitude de se retirer dans ses
moments libres.
En 429, les
évêques de Grande-Bretagne
envoyèrent un appel sur le continent
pour demander de l'aide contre les
hérétiques Pélagiens, qui étaient
occupés à corrompre la foi sur
l'île. Saint Prosper, qui était à
Rome en 431, affirme dans sa
Chronique que le pape Célestin
aurait commissionné l'Eglise en
Gaule pour envoyer de l'aide, et
Germain et Loup de Troyes furent
députés pour aller en
Grande-Bretagne. En chemin, Germain
s'arrêta à Nanterre, où il rencontra
une jeune enfant, Geneviève,
destinée à devenir la patronne de
Paris. Une des plus anciennes Vies
de saint Patrick, Apôtre de
l'Irlande, nous raconte qu'il fut
dans la suite de saint Germain en
cette occasion. La tradition nous
rapporte que la principale
confrontation avec les représentants
du Pélagianisme eut lieu à
Saint-Alban, et résultat dans la
déconfiture totale des hérétiques.
Germain demeura quelque temps en
Angleterre, prêchant et fondant
plusieurs écoles pour la formation
du clergé. A son retour, il rendit
visite au préfet d'Arles, et obtint
l'allègement de certaines taxes qui
écraisaient le peuple d'Auxerre. Il
construisit une église en l'honneur
de Saint-Alban vers cette époque-là,
dans sa ville épiscopale.
En
447, il revint en Grande-Bretagne,
cette fois accompagné de saint
Sévère, évêque de Trèves. Il semble
bien qu'il y fit énormément pour
l'Eglise locale, si on en juge par
les traditions conservées dans le
Pays de Galles. C'est à cette
occasion qu'il aurait aidé les
Britons à gagner une grande victoire
- appelée la "bataille du cri,
Alleluia!", la victoire de
l'Alleluiah - sur une armée de
marauds Saxons et Pictes.
A
son retour en Gaule, il partit vers
l'Armorique (Bretagne) pour
intercéder pour les Armoricains qui
s'étaient révoltés. Leur punition
fut différée à son intervention,
jusqu'à ce qu'il ait pu présenter
leur cas devant l'empereur. Il
partit pour l'Italie, et atteint
Milan le 17 juin 448. Puis il
séjourna à Ravenne, où il plaida
leur cause auprès de la mère de
l'empereur, Galla Placidia.
L'impératrice et l'évêque de la
ville, saint Pierre Chrysologue, lui
firent un accueil royal, et le
pardon demandé fut accordé. Il
mourut pendant qu'il se trouvait là,
le 31 juillet 450.
Comme il
l'avait demandé étant mourrant, son
corps fut transféré de retour à
Auxerre, et placé dans l'oratoire de
Saint-Maurice, qu'il avait bâtit.
Plus tard, l'oratoire fut remplacé
par une plus grande église, qui
devint plus tard encore l'abbaye
Bénédictine de Saint-Germain. Ce
tribut à la mémoire du saint fut le
cadeau de la reine Clothilde, épouse
de Clovis. Plusieurs siècles plus
tard, Charles le Chauve fit ouvrir
le cerceuil, et le corps fut trouvé
intact. Il fut embaumé et enroulé
dans des draps précieux, et placé en
un lieu plus visible dans l'église.
Il y demeura préservé jusqu'en 1567,
quand Auxerre fut envahie par les
Huguenots, qui profanèrent le
cercueil et jetèrent les reliques.
On rapporte que les reliques furent
ensuite ramassées et placées dans
l'abbaye de Saint-Marien sur les
rives de l'Yonne, mais il n'y a
jamais eu de reconnaissance
canonique de l'authenticité de ces
reliques.
Saint Germain était
honoré en Cornouailles, et à
Saint-Alban en Angleterre avant la
réforme, et il a toujours été le
patron d'Auxerre.
Un
extrait de la Vie de saint Germain,
par Eric d'Auxerre (8ième siècle):
"Puisque la gloire du père
brille à travers l'éducation de
l'enfant, parmi les nombreux enfants
en Christ que saint Germain eut
comme disciples en religion, qu'il
suffise de mentionner ici, très
brièvement, un des plus célèbres,
Patrick, l'Apôtre particulier de la
nation Irlandaise, comme le récit de
ses oeuvres le prouve. Ayant vécu
dans cette très sainte discipline
durant 18 ans, il but avidement la
connaissance des Saintes Ecritures,
coulant du flot d'une si grande et
bonne source...".

Dans l'art, Saint Germain
est représenté en évêque avec un âne
à ses pieds. Parfois, l'image peut
montrer des chasseurs et du gibier
abbatu autour de lui, ou Germain
dirigeant un dragon à 7 têtes.
(Roeder).